
La collection de Guy Bardone et René Genis
Guy Bardone et René Genis, tous deux artistes peintres, ont passé leur vie à créer mais aussi à collectionner. À force de rencontres, de coups de cœur et de découvertes, ils ont réuni une collection unique, reflet de leur sensibilité artistique ! Bonnard, Vuillard, Buffet, Chagall ou Dufy : autant de grands noms qu’ils ont choisis, aimés, accrochés chez eux avant de les offrir au regard de tous. Aujourd’hui, leurs propres œuvres dialoguent avec celles qu’ils ont collectionnées, dans un accrochage vivant, généreux et personnel.
Ce n’est que grâce à la collection de ces deux donateurs qu’a pu naître le musée de l’Abbaye.

Guy Bardone
Guy Bardone se forme aux arts à Lyon puis à Paris, à l’École supérieure des arts décoratifs. Destiné à reprendre l’entreprise familiale de décoration, il choisit finalement la peinture. Il y rencontre Maurice Brianchon, qui devient son maître, et René Genis, avec qui il partage un long parcours artistique. Inspiré par les paysages du Jura, son travail est rapidement reconnu en France puis à l’international. Tout en exposant en Europe et aux États-Unis, il reste profondément attaché à sa terre natale, où il revient vivre à la fin de sa vie.

René Genis
Né au Vietnam, René Genis arrive en France à l’âge de 9 ans. Il se forme aux Beaux-Arts de Bordeaux puis à Paris, à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, où il suit l’enseignement de Maurice Brianchon. Très tôt récompensé, il se fait remarquer dans les grands salons parisiens, notamment au Salon de la Jeune Peinture. Son travail attire rapidement l’attention de critiques et de galeries, en France comme à l’étranger, et l’amène à exposer et voyager largement.
Parmi les artistes les plus présents dans la collection de Guy Bardone, deux noms dominent : Pierre Bonnard et Pierre Lesieur, à eux seuls représentés par 52 œuvres. La peinture de Bonnard, a profondément marqué Guy Bardone dans son usage de la couleur et des formes et a exercé une influence majeure sur Pierre Lesieur souvent considérer comme un suiveur direct.
Du côté de René Genis, aucun artiste n’a une place aussi importante. Cependant, son goût pour le paysage se fait très vite évident. Les œuvres de peintres comme Charchoune, Cottavoz ou encore Oudot dénotent de l’intérêt de Genis pour ce type de sujet.
Une vie à collectionner
Constituée pendant près de cinquante ans, la collection de Bardone et Genis réunit de nombreuses œuvres d’artistes majeurs de l’École de Paris :
Bernard Buffet, Maurice Brianchon, André Beaudin, André Brasilier, Paul Guiramand, Jacques Petit, Pierre Bonnard, Pierre Lesieur, Charchoune, Cottavoz, ou encore Oudot, sans oublier les liens avec l’imprimeur Charles Sorlier, proche collaborateur de Marc Chagall.
Souvent accompagnées de dédicaces, ces œuvres témoignent de relations personnelles fortes et révèlent les goûts, les influences et l’attachement commun de Bardone et Genis à une peinture figurative sensible, à contre-courant de l’essor de l’art abstrait de leur époque.
Les arts graphiques
La collection accorde également une place importante aux arts graphiques : dessins, esquisses, estampes et lithographies représentent environ deux tiers des œuvres présentées. Un regard privilégié sur le processus de création des artistes et la compréhension de leur travail.
Acquérir une œuvre d’art
La lithographie est une technique d’estampe qui permet de reproduire une œuvre à partir d’un dessin réalisé sur pierre ou sur plaque. Longtemps considérée comme un véritable terrain d’expérimentation, la lithographie permet de découvrir l’univers d’un artiste à travers une œuvre numérotée et signée. Découvrez notre sélection de lithographies originales de Guy Badone et René Genis.
Une collection en mouvement
Depuis les donations fondatrices de Guy Bardone et René Genis, les collections du musée de l’Abbaye n’ont cessé de s’enrichir. Des œuvres d’artistes contemporains comme Françoise Pétrovitch, Nathalie Talec, Edmond Guirand ou Lilian Bourgeat sont venues compléter les ensembles historiques.
Le musée s’appuie également sur la générosité de donateurs, notamment Maurice et Suzanne Monneret, qui ont légué treize œuvres de peintres tels que Bardone, Genis, Dominique Mayet, Jacques Petit ou Auguste Pointelin.
Enfin, le partenariat étroit avec le FRAC Bourgogne Franche-Comté permet la présentation régulière de dépôts, renouvelant sans cesse le regard porté sur les collections.
Les sculptures du musée de l'Abbaye

En 2007, avant l’ouverture du musée de l’Abbaye, la question de l’intégration de sculptures dans le jardin se pose au sein du comité de pilotage.
Plusieurs pistes sont envisagées, dont une commande publique. Mais Guy Bardone et Jean-Michel Nectoux orientent la réflexion vers des sculpteurs en dialogue avec les collections.
Quatre noms émergent : Bourdelle, Rodin, Germaine Richier et Brancusi. Le choix se porte finalement sur Auguste Rodin et Germaine Richier : figures immanquables de l’histoire de l’art moderne.
La sculpture est acquise par Guy Bardone, qui en fait don au musée de l’Abbaye en 2008.

Guy Bardone et Jean-Michel Nectoux se rendent au musée Rodin pour étudier les œuvres, tandis que la conservatrice du musée de l'Abbaye, rencontre à Paris l’ayant-droit de Germaine Richier et visite son atelier, resté intact depuis sa disparition en 1959.
La sculpture L’Homme qui marche sur colonne (1900) et Le Coureur, grand (1955) sont acquises simultanément par Guy Bardone, qui en fait don au musée de l’Abbaye en 2008.

Lorsqu’il acquiert Le Coureur, grand de Germaine Richier, Guy Bardone achète aussi L’Aigle pour son plaisir personnel de collectionneur et l’installe dans son atelier parisien.
Après son décès, la sculpture rejoint finalement les collections du musée de l’Abbaye, en cohérence avec l’œuvre présentée dans le jardin.
Son acquisition a été rendue possible grâce à l’achat auprès de deux héritiers et au don du troisième (famille Payot).

À la suite de l’exposition Grandeur nature de Lilian Bourgeat en 2019, qui a rencontré un large succès en investissant l’espace public, la Ville a souhaité conserver une œuvre de l’artiste.
Le choix s’est porté sur le Double banc rouge, installé sur le parvis du musée après validation par la DRAC.
Dans le même temps, Lilian Bourgeat a fait don au musée de La Chaise, une œuvre emblématique en écho à l’univers du mobilier populaire et à l’histoire industrielle du territoire.
















