
Zoom sur les oeuvres du musée de l’Abbaye
Guy Bardone et René Genis, tous deux artistes peintres, ont passé leur vie à créer mais aussi à collectionner. À force de rencontres, de coups de cœur et de découvertes, ils ont réuni une collection unique, reflet de leur sensibilité artistique ! Bonnard, Vuillard, Buffet, Chagall ou Dufy : autant de grands noms qu’ils ont choisis, aimés, accrochés chez eux avant de les offrir au regard de tous.
Aujourd’hui, leurs propres œuvres dialoguent avec celles qu’ils ont collectionnées, dans un accrochage vivant, généreux et personnel.

Pierre Bonnard (Fontenay-aux-Roses, 1867 – Le Cannet 1947), Le Jardin, 1945, huile sur toile, 63,5 x 53 cm, 2016.3.3 – Legs Guy Bardone, 2016
Musée de l'abbayeDeux sculptures majeures à découvrir dans le jardin
Avant l’ouverture du musée, Guy Bardone avait souhaité agrémenter le jardin de sculptures : Auguste Rodin et Germaine Richier, figures immanquables de l’histoire de l’art moderne. Dans ce lieu paisible, ancien cimetière du monastère au Moyen Âge, les œuvres dialoguent avec le paysage ouvert sur les montagnes. Il révèle ainsi, à ciel ouvert, ces deux sculptures à ne pas manquer.

Auguste Rodin
Considéré comme l’un des pères de la sculpture moderne, Auguste Rodin place le corps humain au cœur de son travail. Dans son atelier, il observe les mouvements naturels de ses modèles pour créer des figures expressives, presque vivantes, qu’il décline en argile, plâtre, bronze ou marbre. Rodin bouscule les codes en assemblant des fragments et en jouant avec les proportions, comme dans L’Homme qui marche sur colonne (1900), présenté sans tête ni bras. En laissant parfois visibles les traces de fabrication, selon le principe du non finito, il affirme la puissance du geste et marque durablement l’histoire de la sculpture à la fin du XIXe siècle.

Germaine Richier
Formée à la sculpture classique auprès d’Antoine Bourdelle à Paris, Germaine Richier développe après la Seconde Guerre mondiale une œuvre plus audacieuse et profondément marquée par la violence de son époque. Dans Le Coureur, grand (1955), réalisé peu avant sa mort, elle représente un corps tendu et décharné, semblant lutter pour avancer. Inspirée par l’un de ses modèles favoris, Lyrot, la sculpture exprime la fragilité humaine à travers une matière brute, presque scarifiée, et une présence à hauteur réelle, en face-à-face avec le spectateur. Les patines sombres et mates renforcent la gravité et l’intensité de cette œuvre.

















