
Un musée sur les vestiges d’une ancienne abbaye
Bienvenue au musée de l'Abbaye, un lieu chargé d'histoire et d'art. De ses origines monastiques à sa transformation en musée, découvrez sa genèse, son architecture remarquable et la donation exceptionnelle des peintres Guy Bardone et René Genis. Labellisé musée de France et Monument Historique, découvrez ce lieu unique où le passé dialogue avec le présent.

Le musée de l’Abbaye trouve ses racines dans une ancienne abbaye dont l'histoire remonte au Moyen Âge. Au fil des siècles, l'abbaye a connu de nombreuses transformations avant d'être réhabilitée pour accueillir un musée. L'idée de créer un espace culturel a émergé au XXe siècle, avec la volonté de préserver et de valoriser un patrimoine exceptionnel. Autrefois lieu de prière et de savoir, l’abbaye a connu différentes vies avant de devenir un musée.
Sa restauration a permis de mettre en valeur son architecture remarquable et de lui offrir une nouvelle vocation : celle de transmettre l’art et l’histoire.
3 dates clés du musée de l'Abbaye

Les moments fondateurs pour le musée de l'Abbaye

Un trésor archéologique mis au jour
Bien avant l’ouverture du musée, l’ancien Palais abbatial suscite l’intérêt des archéologues. Dès 1994, des sondages sont réalisés pour détecter d’éventuels vestiges à mettre en valeur. Puis, à partir de 1998, les fouilles financées par la DRAC et le Conseil Régional de Franche-Comté révèlent toute la richesse historique du site. Dirigées par Sébastien Bully et son équipe du CNRS et de l’APAHJ, ces recherches confirment l’importance patrimoniale du lieu.
Découvrir le sous sol archéologique
Une donation à l’origine de l’ouverture du musée
L’histoire du musée de l’Abbaye est aussi intimement liée à la passion de deux artistes sanclaudiens : Guy Bardone et René Genis. Inspirés par George Besson, célèbre critique d’art, ils ont constitué, pendant plus de 50 ans, une collection exceptionnelle d’œuvres. Le 4 avril 2002, leur donation est officiellement signée aux côtés du maire de Saint-Claude, dans la propriété de René Genis à Bandol. C’est ainsi que naît l’idée d’un musée destiné à accueillir la collection Bardone-Genis.
Découvrir la collection
La rénovation architecturale
L'architecture du musée de l'Abbaye est un véritable dialogue entre l’ancien et le nouveau. La rénovation a préservé les structures historiques tout en intégrant des éléments contemporains pour optimiser votre expérience. Des voûtes majestueuses aux galeries épurées, chaque espace raconte une partie de l'histoire du lieu dans un cadre harmonieux. Début 2006, les travaux de construction et de réhabilitation débutent, sous l’égide de l’architecte Adelfo Scaranello pour l’ensemble du bâtiment, et de Paul Barnoud, architecte en chef des Monuments Historiques, pour la partie archéologique.
Facade paysage
L’architecture du musée s’inspire du concept de « façade paysage » : une façade qui s’intègre dans son environnement, comme un élément du décor naturel ou urbain.
Le bâtiment du musée, bien qu’il soit un équipement public, a été conçu en lien avec les logements voisins. Ce choix traduit une volonté de continuité avec l’histoire du site, autrefois lieu de vie et de passage.
L’architecte a aussi imaginé un musée où l’on se sentirait un peu « chez soi » : les œuvres y sont présentées comme elles pourraient l’être dans un salon moderne.
La lumière naturelle, les volumes intérieurs, les plafonds en bois à la française, tout a été pensé pour créer une ambiance chaleureuse, accueillante et intimiste. Un musée à taille humaine, où l’on prend le temps de regarder, de ressentir, d’habiter les lieux.
Façade dorée
Côté jardin, l’architecte a choisi de garder l’ancienne façade tout en l’enrichissant d’une extension contemporaine. Cette nouvelle partie joue avec la verticalité et les ouvertures pour mieux dialoguer avec le paysage environnant.
La base vitrée de la façade crée un effet de transparence : en s’approchant, les visiteurs peuvent deviner les élégantes arches en arc brisé des deux chapelles de l’ancien palais abbatial.
Pour habiller cette façade, l’architecte s’est inspiré d’un savoir-faire local : les tavaillons, ces petites tuiles de bois utilisées pour protéger les maisons jurassiennes des intempéries. Il a revisité cette tradition en optant pour un revêtement en alliage cuivre-aluminium.
Résultat : une façade dorée, changeante, qui capte la lumière différemment selon la météo : mate sous un ciel gris, éclatante au soleil.
Intérieur et lumière
À l’intérieur, chaque détail a été pensé avec soin : lignes épurées, teintes claires, matériaux nobles… L’ensemble crée une atmosphère apaisante, en contraste avec l’audace de l’extension contemporaine.
L’architecte a voulu recréer une sensation familière, presque domestique, comme si l’art s’invitait dans un intérieur privé. Loin du musée froid et impersonnel, ici, les œuvres dialoguent avec l’espace comme elles pourraient le faire dans une maison habitée.
La lumière, omniprésente, joue un rôle essentiel. Elle accompagne les collections avec douceur, en résonance avec la thématique du paysage, très présente dans les œuvres. Les fenêtres ouvrent sur l’extérieur, prolongeant la visite au-delà des murs.
Vous êtes dans un lieu ouvert, lumineux, à taille humaine, où chaque salle garde les proportions d’une pièce d’habitation transformée en espace d’exposition.
Une immersion simple, naturelle, presque magique.
Une architecture révélée par la fouille
La visite du sous-sol du musée est une immersion dans une architecture patiemment redécouverte, analysée puis restaurée avec exigence. Le projet mené ici a combiné expertise archéologique et restauration monumentale, pour faire émerger la complexité du lieu. Au cœur de ce chantier, deux figures clés : l’archéologue Sébastien Bully et l’architecte en chef des Monuments historiques Paul Barnoud. Ensemble, ils ont fait le pari d’une restauration qui ne fige pas le passé, mais en révèle les strates et les évolutions.
Le travail de l’archéologue s’est inscrit dans une démarche moderne : celle de l’archéologie en élévation : lire les murs, leurs cicatrices, leurs transformations. À partir de relevés très précis, couche par couche, l’histoire de l’abbaye a été reconstruite pierre à pierre, en identifiant les différentes phases de construction.
À l’issue des six années de fouilles, l’édifice se présentait sans cloisons, sans lisibilité, étayé en de nombreux points. Il fallait alors donner un sens à ces volumes, sans trahir leur complexité.
Découvrir les fouillesTrois étapes de la restauration
Chaque pièce a été traitée en fonction de sa spécificité. Le résultat : un parcours clair, mais fidèle. Un lieu archéologique devenu lisible, vivant, et habité de mémoire.
Consolider, d’abord, car la stabilité de l’édifice devait être assurée. Certaines maçonneries ont été refaites à l’identique, à partir d’éléments conservés. C’est le cas notamment dans le triplet situé entre le vestibule et la chapelle Claude Venet.
Conserver, ensuite, car chaque fragment ancien a été préservé dès que possible. Les peintures murales ont été dégagées avec minutie, consolidées, et laissées visibles dans leur état authentique. Les différentes strates du bâtiment, même fragmentaires, coexistent aujourd’hui pour raconter l’évolution du lieu sans en masquer la complexité.
Évoquer, enfin, car un musée ne se contente pas de montrer : il doit permettre de comprendre. Certaines baies ont été restituées, des percements ont été réalisés pour retrouver la circulation de la lumière d’origine. Des choix ont été faits pour faire apparaître les espaces essentiels du monastère, comme l’articulation entre le cloître et la chapelle, tout en écartant les ajouts plus récents qui brouillaient la lecture, notamment les constructions du XIXe siècle.
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